Mois : septembre 2015

Procrastination anxieuse ou comment ne pas finir englouti 20 mille lieues sous les mers ?

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Bonjour Lili Bulle. De quoi allez-vous nous parler aujourd’hui ?

LB : Je vais vous donner une astuce pour lutter contre la procrastination anxieuse.

Ah chouette !

LB : Avant tout, je voudrais insister sur le fait que la procrastination n’est pas une maladie : tout le monde remet au lendemain. Ensuite, je voudrais m’adresser directement aux personnes qui souffrent de procrastination anxieuse pour leur rappeler qu’elles ne sont pas irresponsables. En coaching, j’entends parfois des individus rongés par la culpabilité, me confier qu’ils se sentent complètement irresponsables et qu’ils se détestent pour cette raison. Non. Les procrastinateurs anxieux ne sont pas irresponsables ! Cette idée leur est insufflée par une trop grande propension à culpabiliser. S’ils étaient vraiment irresponsables, ils ne culpabiliseraient pas autant à propos de ce qu’ils ont remis au lendemain.

C’est facile à dire !

LB : Bien sûr. Comme je le disais plus haut, tout le monde remet au lendemain. Il est parfaitement normal, avec nos rythmes actuels, de ne pas avoir le temps d’effectuer toutes les actions que nous avions prévues. Nous devons tous prioriser, remettre une partie de nos tâches, tout simplement parce que nous avons trop à faire. Se sentir coupable de ne pas avoir réussi à accomplir tout ce qui était inscrit sur notre « to do list » longue comme le bras, n’est pas raisonnable. Quand sur votre liste, vous avez inscrit quinze choses à faire et que vous parvenez à en faire dix dans la journée, vous méritez des applaudissements. Pas des reproches ! La vie est constituée d’imprévus. Elle est ainsi faite. Vous n’y pouvez rien. Je n’y peux rien. Nous ne sommes pas des pieuvres. Et faire des listes longues comme des tentacules ne fera que vous démoraliser !

Je croyais pourtant que pour lutter contre la procrastination, il fallait faire des listes.

LB : Bien sûr. Mais vous n’êtes pas le capitaine Nemo que je sache ! Vous n’avez pas inventé le Nautilus.

Dîtes carrément que je n’ai pas inventé la poudre !

LB : Je n’ai pas dit ça. Si vous aviez inventé un submersible, vous pourriez vous amuser à faire des listes monstrueusement longues, sans que ça ne vous émeuve le moins du monde. Mais si tel n’est pas le cas, vous allez vite vous retrouver englouti vingt mille lieues sous les mers. Imaginez que vous n’ayez que deux bras ! Vous y parvenez ?

Bien sûr. Pour qui me prenez-vous ?

LB : Ne vous vexez pas, vous allez voir que ce n’est pas si évident. Donc, vous n’avez que deux bras, et vous vous munissez d’un stylo et d’un post-it. Vous commencer à noter tout ce que vous êtes censé faire dans la journée. Très vite, vous vous rendez compte que le post-it est trop petit, donc vous vous munissez d’une feuille au format A4, mais même histoire, vous vous rendez compte au bout d’un moment que vous êtes obligé de la retourner ou d’écrire de plus en plus petit de façon à tout consigner sur le recto. Ça vous dit quelque chose ?

Oui.

LB : Au fur et à mesure que vous noircissez votre to do list, une sensation d’étouffement vous gagne.

Mmmmhhhh….

LB : Ça va ? Je ne vous entends plus.

J’ai du mal à respirer.

LB : Munissez-vous d’un masque à oxygène et finissez de consigner tout ce que vous devez faire !

Pfffff !

LB : Vous avez fini ?

Oui.

LB : Quelle est la première idée qui vous vient à l’esprit en regardant votre liste ?

Je ne sais pas.

LB : Pourquoi ne pas la jeter par le fenêtre du sous-marin ?

Mais ce serait complètement irresponsable !

LB : Vous avez donc le sens des responsabilités : c’est pourquoi vous étouffez. Au lieu de vous mettre une pression abyssale, rappelez-vous que vous n’êtes pas le capitaine Nemo et que vous n’avez que deux bras.

Oui, mais comment faire ?

LB : Si vous continuez à évoluer sous une telle pression, vous savez comment ça finira.

Je vais être broyé ! Quelle horreur !

LB : Non. Vous allez devoir décompresser et vous finirez devant la télé ou sur internet.

C’est fort possible.

LB : Donc reprenez votre liste, et maintenant rayez !

Mais je raye quoi ? Ce n’est pas parce que je vais rayer des lignes qu’elles vont disparaître !

LB : Rayez tout ce que vous pouvez remettre au lendemain afin de ne garder que 3 ou 4 actions à mener à bien dans la journée. C’est fait ?

J’ai du mal à me décider.

LB : Comment ça ? Vous ne parvenez pas à rayer ?

Non. J’ai tout rayé et je ne sais plus quoi garder.

LB : Vous voulez dire que rien n’est urgent au jour d’aujourd’hui.

Je crois que c’est ça.

LB : Est-ce que vous vous rendez-compte que vous avez failli culpabiliser à mort d’avoir passer votre journée devant la télé, alors que vous n’avez rien de vraiment urgent à faire ?

C’est vrai. Que dois-je faire ?

LB : Choisissez trois choses à faire et faites-les dans la journée ! Vous aurez sans doute des imprévus, mais vous devriez pouvoir mener à bien ces trois actions. Et vous ferez pareil demain ! Vous allez avancer pas à pas dans votre liste, plutôt que de vous noyez en voulant tout faire. Ça va mieux ?

Oui. Je concède que je me sens beaucoup mieux. Et si j’avais eu plus de trois choses urgentes à faire ?

LB : Eh bien, vous en auriez fait quatre aujourd’hui et deux demain, en vertu de l’adage mieux vaut tard que jamais. Et un jour de retard, honnêtement ce n’est pas si grave…

Et si j’avais eu du mal à prioriser ?

Vous m’appelez. Je suis coach, je suis là pour ça. Bon, je dois vous laisser, j’ai une liste de choses à faire longue comme le bras !

On se voit demain ?

LB : Peut-être pas. J’ai beaucoup de choses à faire demain. Ciao. Ne bullez pas trop !

Procrastination artistique ou poursuivre l’inspiration à coups de massue !

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Bonjour Lili Bulle. De quoi allez-vous nous parler aujourd’hui ?

LB : Je vais vous parler de la procrastination artistique.

Vous n’allez quand même pas nous soutenir que la procrastination joue un rôle positif ?

LB : Pas vraiment. Mais elle joue un rôle. Tout artiste a déjà ressenti cette angoisse particulière connue sous le nom de syndrome de la page blanche, mais qui pourrait tout aussi bien être désignée sous le nom de syndrome de la toile blanche pour les artistes peintres, ou encore syndrome du piano muet ou de la guitare silencieuse pour les musiciens, ou syndrome de l’extinction de voix pour les chanteurs … je m’égare. Toutes ces appellations désignent le même phénomène : la procrastination artistique ou créative. Comme vous le savez, il est assez facile de décider de l’heure à laquelle vous allez vous lever, l’heure à laquelle vous allez manger ou l’heure à laquelle vous allez prendre rendez-vous chez votre avocat. Par contre, décider de l’heure à laquelle vous aurez l’inspiration pour commencer ou continuer un roman, c’est une tout autre histoire… C’est le cas de le dire.

Vous voulez dire que le manque d’inspiration s’apparente à de la procrastination ? Mais le romancier ne remet pas au lendemain sciemment, il n’a pas l’inspiration : c’est différent !

LB : Dîtes-moi, selon vous, pourquoi le romancier s’effraye d’une simple page blanche ? Qu’y-a-t-il de terrifiant dans un morceau de papier ?

Je ne sais pas. Je n’écris pas.

LB : Vous ne pratiquez aucune discipline artistique ?

Il m’arrive de faire des origamis. Ça compte ?

LB : Bien sûr ! Il est vrai que je n’ai pas parlé du syndrome de la feuille froissée. Je m’en excuse. Je disais donc : Qu’y-a-il de terrifiant dans une feuille froissée ?

Si elle est froissée, elle n’est pas pliée correctement !

LB : Tout à fait. Et c’est exactement la même chose pour l’angoisse de la page blanche. Pour un écrivain, une page blanche n’est pas remplie correctement. Sa simple présence, qui traduit une absence d’idées, devient au fur et à mesure que l’auteur la contemple, un reflet de son vide abyssal !

Oh quelle horreur !

LB : Mmmhhh … Et vous conviendrez avec moi que rester à contempler cette page blanche pendant des heures s’apparente à du masochisme.

Peut-être.

LB : Comme le disait Jack London, qui n’était pas du genre à se laisser impressionner par une inoffensive page blanche : « On ne peut pas attendre que l’inspiration vienne. Il faut courir après avec une massue ».

Je veux bien, mais comment court-on après l’inspiration ?

LB : En évitant de rester planté devant sa page blanche. Imaginez que vous ayez un roman à écrire. Comme tous les matins, vous vous asseyez devant votre ordinateur, vous vous dégourdissez les doigts, vous faîtes quelques échauffements des épaules et des poignets, et vous vous lancez mais malheureusement vous ne parvenez pas à aligner deux mots l’un après l’autre. Vous vous représentez la situation ?

Oui. Parfaitement.

LB : Si vous restez plus de dix minutes sur l’ouvrage, dans l’incapacité d’écrire une ligne, vous allez commencer à angoisser, à vous dire que vous n’êtes pas un auteur, que vous êtes décidément bon à rien, que vous ne pourrez plus jamais écrire, que vous avez perdu la flamme.

Sans doute.

LB : Si vous en êtes à vous dire que vous avez perdu la flamme, vous conviendrez qu’il y a peu de chance que vous la trouviez.

Pour sûr ! Mais alors que faire ?

LB : Surtout ne restez pas planté là. Faites autre chose, mais quelque que chose de constructif. Ne vous loguez pas sur Facebook, ne commencez pas une partie de Candy Crush ! Évitez aussi de vous avachir devant la télé ! Si vous tenez absolument à écrire, écrivez, n’importe quoi, mais écrivez ! Munissez-vous d’une massue, criez « Caaapitaiiine CAAAVEEEEEERNE» et notez ce qui vous traverse l’esprit, même si ça vous paraît inintéressant.

Écrivez par exemple : « Ça a débuté comme ça » – Louis Ferdinand Céline – Voyage au bout de la nuit.

Ou encore : « Je ne sais pas trop par où commencer » – Philippe Claudel – Les âmes grises.

Ou encore mieux : « Assise sur le gazon à côté de sa sœur, Alice commençait à s’ennuyer de rester là à ne rien à faire.” – Lewis Caroll – Alice aux Pays des Merveilles.

Pauvre Alice !

LB : Quoi de plus ennuyeux effectivement que d’attendre l’inspiration. Alors plutôt que de l’attendre, commencez et elle vous suivra. Et si par malchance, elle ne vous suivait pas, ne restez pas là ! Allez vous promener, faites un peu de ménage, répondez à un courrier, téléphonez à un ami, en un mot : vivez ! Si vous restez planté trop longtemps devant votre page blanche, l’écriture  finira par vous inspirer un sentiment de vide et d’angoisse et autant dire qu’il y a peu de chance que vous trouviez l’inspiration et que vous produisiez de nombreux romans.

C’est une évidence !

LB : Qu’est-ce qui vous retient de remplir cette page blanche ? Rien ! Si ce n’est la peur d’écrire n’importe quoi. Et si vous avez si peur, pourquoi rester bloqué comme un lapin pris dans les phares d’une voiture. Agissez ! Criez « Caaapitaiiine CAAAVEEEEEERNE » et écrivez ! Qu’est-ce qui vous empêche de commencer votre roman par : « Au commencement, il n’y avait que ténèbres, pas une pensée, pas une idée, même pas un mot accroché au-dessus de l’abîme. »

On dirait quand même beaucoup le début de la Bible.

LB : et de continuer par : « Puis comme ça, sans prévenir, le capitaine caverne eut l’audace d’allumer la lumière. ».

Oh vous exagérez !

LB : Non. Ayez l’audace d’écrire, de marteler cette page blanche à coups de massue, même si c’est pour lui faire dire « Au commencement était le verbe… »

Oh, non pas les Évangiles !

LB : Oh zut ! C’est vrai. Essayons d’être plus original. « Ma pauvre muse, hélas ! qu’as-tu donc ce matin ?”

C’est Baudelaire !

LB : Bon… comme vous le voyez, ce n’est pas difficile de commencer. Etre original par contre. Donc, je disais, rien ne sert d’attendre l’inspiration, mieux vaut la provoquer, quitte à écrire une banalité. De banalité en banalité, vous finirez peut-être par tombez nez à nez avec l’inattendu qui vous emmènera aux pays des Merveilles.

C’est de qui ?

LB : De moi. Je crois. Bon, sur ce, je vous laisse, j’ai un roman à commencer.

Et vous savez déjà quelle en sera la première phrase ?

LB : Bien sûr que non. Et heureusement ! Si je le savais, je n’aurais pas besoin de l’écrire.

Quand se revoit-on, Lili Bulle ?

LB : Demain. Ciao. Ne bullez pas trop !

Procrastinateur désorganisé : le syndrome du Lapin Blanc

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Bonjour Lili Bulle. De quoi allez-vous nous parler aujourd’hui ?

LB : Je vais vous parler du procrastinateur du 3ème type.

Du 3ème type ? Pourquoi ne nous en avez-vous pas parlé avant ?

LB : Parce que ce procrastinateur est un peu hybride. C’est notamment pour cette raison qu’il est du troisième type. Je l’appelle le procrastinateur désorganisé. Il montre des signes du 1er type et/ou du 2ème type auxquels vient s’ajouter une caractéristique qui lui est propre : une perception erronée du temps qui passe.

Comment peut-on avoir une perception erronée du temps au 21ème siècle avec toutes les possibilités que nous offre la technologie ?

LB : Vous ne devez pas confondre mauvaise perception du temps avec le fait de ne pas savoir l’heure qu’il est. Vous avez certainement dans votre entourage une ou deux personnes qui arrivent systématiquement en retard et qui se plaignent souvent de ne jamais avoir assez de temps. D’un point de vue extérieur, ces personnes paraissent procrastiner car elles remettent souvent au lendemain et ont beaucoup de mal à tenir leurs engagements.

Oui, effectivement je connais quelqu’un comme ça. Ma belle-sœur passe son temps à courir après le temps.

LB : Pour expliquer le comportement du procrastinateur désorganisé, j’aime faire allusion au Lapin Blanc d’Alice aux Pays des Merveilles. Ce lapin passe son temps à courir et consulte fréquemment et avec horreur une énorme montre à gousset, en s’écriant : je suis en retard ! En retard !

Oui. Ma belle-sœur affiche exactement le même comportement.

LB : Qu’est-ce qui caractérise un lapin normalement ?

Je ne sais pas …

LB : Connaissez-vous l’expression courir comme un lapin ?

Oui, je la connais.

LB : Que signifie-t-elle ?

Courir vite, je pense.

LB : On dit également rapide comme un lapin. Mais si le lapin est si rapide, pourquoi est-il systématiquement en retard ? Sa rapidité devrait lui permettre de prendre de l’avance, non ?

Oui, sans doute. Peut-être a-t-il rencontré quelques obstacles sur son chemin ?

LB : Attardons-nous quelques instants, mais pas trop longtemps, sur les paroles de la chanson du Lapin blanc d’Alice aux pays des Merveilles.

« En retard, en retard

J’ai rendez-vous que’que part

Je n’ai pas le temps de dire au revoir

Je suis en r’tard, en r’tard

Non, non, non, non, non

Quelqu’un m’attend

Vraiment c’est important

Je n’ai pas le temps de dire au revoir

Je suis en retard, en retard »

Quand Alice croise le lapin blanc, il se rend en courant à son prochain rendez-vous. Avec ces informations supplémentaires, à votre avis, pourquoi est-il en retard ?

Il a pris du retard lors de son précédent rendez-vous ?

LB : Si je vous dis qu’il n’a pas prévu le temps nécessaire pour ses trajets… Vous en pensez quoi ?

C’est-à-dire ?

LB : Il dit qu’il a rendez-vous « que’que part » soit : dans un lieu indéterminé. En fait, notre lapin a pris son deuxième rendez-vous immédiatement après le premier, sans tenir compte des lieux et des trajets.

Mais c’est bien sûr !

LB : Et du coup, il est systématiquement en retard. Son retard résulte d’une difficulté à s’organiser dans l’espace et dans le temps, qui induit une mauvaise gestion de son temps. Bien qu’il montre des signes d’anxiété, notre lapin ne remet pas au lendemain à cause de cette anxiété, mais parce qu’il a du mal à s’orienter dans le temps et dans l’espace. Le lapin blanc d’Alice aux Pays des Merveilles est légèrement dyslexique.

Non ! Et il ne le sait pas !

LB : C’est un lapin intelligent, il n’a donc pas rencontré de difficultés majeures dans ses apprentissages. Il n’a pas eu de mal à apprendre à lire et à écrire, par contre sa dyslexie le gêne dans son quotidien. Pour compenser ses difficultés spatio-temporelles, il a appris à tout faire très vite. Il court contre la montre !

Et il perd à chaque fois.

LB : Bien sûr ! Car il ne maîtrise pas sa relation à l’espace-temps. Notre lapin s’épuise à courir ainsi, il peut alors être contraint de mettre en place des stratégies, comme par exemple rogner sur son temps libre.

Comment ça ?

LB : Quand malgré tous vos efforts, vous êtes systématiquement en retard, vous finissez par comprendre que vous avez un problème. Mais ne sachant comment le résoudre, vous prenez des dispositions drastiques. Pour arrêter de courir, vous remettez certaines activités à plus tard. Prenons un exemple : notre lapin blanc aimerait faire un grand et beau voyage, c’est un rêve qu’il nourrit depuis des années mais il ne fait rien dans ce sens.

Et pourquoi ?

LB : Parce qu’il est persuadé que ça lui prendra trop de temps.

Pauvre lapin blanc …

LB : Et il n’est pas au bout de ses peines. En vieillissant, nous ralentissons tous. Et notre lapin ne dérogera pas à la règle. Il aura l’impression d’avoir de moins en moins de temps, et il rognera de plus en plus sur son temps. À terme, il pourrait perdre plus que son temps, il pourrait passer à côté de sa vie et tomber dans la dépression.

Quelle tristesse ! Je ne regarderai plus jamais le Lapin Blanc d’Alice aux Pays des Merveilles de la même façon. Comment faire ?

LB : Notre lapin doit apprendre à mieux évaluer le temps qui passe et à s’organiser sur le plan spatio-temporel.

Mais comment ?

LB : En consultant un coach ou un psychologue comportementaliste, qui évaluera son rapport au temps et à l’espace et l’aidera à le corriger.

Et le Lapin Blanc pourra enfin prendre des vacances ?

LB : Bien sûr, il pourra prendre des vacances et faire tout un tas d’autres choses ! Bon, je dois vous quitter, j’ai un rendez-vous important et je suis en retard ! En retard ! En retard !

Quand se revoit-on, Lili Bulle ?

LB : Je n’en ai aucune idée. Ciao. Ne bullez pas trop !

#Procrastination : Nostradamus ou la loi du « Qui stresse foire tout »

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Bonjour Lili Bulle. De quoi allez-vous nous parler aujourd’hui ?

LB : Je vais vous parler de la procrastination et de ses rapports tumultueux avec la peur de l’échec.

Oui bien sûr… Nous remettons au lendemain car nous avons peur de rater !

LB : Si nous avons peur de l’échec aujourd’hui, pourquoi en serions-nous délivré demain ?

J’avoue que je ne sais pas.

LB : Pour expliquer les relations difficiles qu’entretiennent la procrastination et la peur de l’échec, j’aime parler du paradoxe du prophète.

Que vient faire l’oracle dans cette histoire ? Je ne vous savais pas superstitieuse, Lili Bulle ?

LB : Imaginez que vous êtes prophète.

Ça m’est difficile, mais si vous insistez.

LB : Vous avez deux types de prophètes, ceux qui sont spécialisés dans la fin du monde, comme Nostradamus ou Ezekiel et d’autres, qui se manifestent plus volontiers en temps de disette, dont le fond de commerce est l’espoir et qui prophétisent l’avènement d’un monde meilleur. Vous avez donc des prophètes pessimistes et des prophètes optimistes.

Jusque là, je vous suis mais je ne vois pas le rapport avec la procrastination.

LB : Avez-vous déjà entendu parler des prophéties auto-réalisatrices ? Toutes les diseuses de bonne aventure connaissent bien ce phénomène sans lequel elles seraient très vite contraintes de fermer boutique. Le fait d’énoncer une prophétie focalise les esprits sur ce qui n’est au fond qu’une hypothèse parmi d’autres. Une fois clamer à la foule, un scénario catastrophe initialement complètement tiré par les cheveux, en modifiant les comportements, est susceptible de se réaliser. Dans la loi de Murphy, plus connue sous le nom de Loi de l’Emmerdement Maximum (LEM), « Tout ce qui est susceptible de mal tourné, tournera nécessairement mal ». Nous sommes d’accord que cette loi ne décrit pas la réalité.

Je ne comprends pas. Je suis désolé.

LB : Tant que personne n’en eu l’idée et qu’elle n’a pas été communiquée, la fin du monde n’existe pas.

Elle n’existe pas plus, une fois prophétisée ! Ce n’est qu’une superstition.

LB : Une prophétie n’est qu’une superstition, tant que vous ne prenez pas en compte l’élément psychologique qui, lui à la différence de la loi de Murphy, peut être considéré comme une constante, constante que nous nommerons « Constante de perception ». Quand tout à coup, un oiseau de malheur prévoit la fin du monde, la simple énonciation de l’hypothèse, en modifiant votre perception, génère un stress qui fera qu’à la première difficulté vous allez vous dire : « Et voilà … La fin du monde est proche ! », vous allez donc stressé de plus et en plus, et par la loi du « Qui stresse foire tout », vous commettrez de plus en plus d’erreurs jusqu’à aboutir enfin à la fin du monde annoncée.

Je n’ai jamais entendu parler de la loi du « Qui stresse foire tout » ?

LB : Elle est pourtant très connue et vous l’avez sans doute expérimentée de nombreuses fois. A partir d’un certain niveau de stress, vous foirez tout ce que vous faites. Au-delà du niveau de stress que vous parvenez à gérer, vous perdez vos moyens et vous vous retrouvez au-delà du champ d’application de la loi du « Tout se passera bien », et donc sous le coup de la loi du « Qui stresse foire tout ».

À partir de quel moment, passons-nous du champ d’application de la loi du « Tout se passera bien » à celui de la loi du « Qui stresse foire tout » ?

LB : Au delà de la constante du « J’en ai marre ! », vous passez dans le champs d’application de la loi du « Qui stresse foire tout »

Je comprends. Par contre, je ne vois pas le rapport avec la procrastination ! 

LB : Le procrastinateur anxieux est un prophète pessimiste que ses propres prophéties effrayent. Une fois qu’il s’est dit « Je n’y arriverai pas », bien souvent avant même de commencer, il passe sous le coup de la loi du « Qui stresse foire tout ». Et comme il stresse, il est tenté d’oblitérer la source de son stress en se cantonnant à des activités non stressantes qui lui font prendre du retard, et qui augmentent donc son niveau de stress et ainsi de suite et quand il passe enfin à l’action, il est tellement stressé qu’il foire tout.

Il active le mode « Politique de l’autruche » et passe sous coup de la loi du « Qui stresse foire tout » !

LB : Voilà !

Comment faire ?

LB : Il est impossible de prévoir exactement ce qu’il va se passer. Donc quand on élabore une prévision, on met en place un « Worse Case » – Pire des cas (dans lequel on prend en compte la loi de Murphy) – et un « Best Case » – Meilleurs des cas – , en sachant que la réalité se situera quelque part entre ces deux bornes. Le but d’une prévision est de délimiter un champ de possibilités afin de mettre en place la stratégie qui permettra d’éviter le pire des cas. Vous me suivez ?

Oui.

LB : Si vous n’élaborez que le pire des cas, (si vous prenez la loi de Murphy pour une loi universelle alors qu’elle n’est censée s’appliquer que dans l’élaboration d’un worse case) … vous ne délimitez pas de champs des possibilités et vous perdez de vue que la réalité peut prendre un autre chemin. Vous quittez le champ de la prévision pour mettre un pied sur le dangereux terrain de la prophétie auto-réalisatrice. Après avoir prédit plusieurs fins du monde qui se sont effectivement réalisées, même seulement en partie, vous vous sentez investi d’un super pouvoir. Vous êtes alors un prophète confirmé.

Et vous pensez que tout ce que vous prédisez se réalisera.

LB : Vous avez sérieusement réduit le champ de vos possibilités.

La peur de l’échec cause l’échec.

LB : Peur de l’échec ou peur de réussir ? Quand vous vous sentez investi d’un super pouvoir, vous avez l’impression de contrôler. Vous vous dites : « J’ai encore foiré mais je l’avais prévu ». D’une certaine manière, vous êtes aux manettes. Admettons que vous réussissiez alors que vous ne l’aviez pas prévu ; la réussite qui est pourtant une bonne nouvelle se révèlera angoissante parce que vous ne l’aviez pas prévue et vous aurez l’impression de perdre le contrôle des évènements. Le pire des cas n’est jamais décevant. Le meilleur des cas quand il n’est pas prévu peut être perçu comme un accident de parcours anxiogène.

Quelle horreur !

LB : Vous êtes du genre à ne prévoir que des fins du monde ?

Ça peut m’arriver…

N’oubliez pas de prévoir de réussir, cela fera baisser votre anxiété face aux situations et si vous réussissez, rien ne viendra ternir votre bonheur, certainement pas la perte d’un contrôle illusoire. Bon, je dois vous laisser, je dois élaborer un « Worse Case » pour le lancement d’une nouvelle formation.

Seulement le pire des cas ?

LB : Non, j’ai déjà élaboré le meilleur des cas, il est beaucoup plus simple à imaginer. Quand tout se passe bien, il n’y a aucun obstacle à prévoir et à éviter.

Bon, je vous dis donc à demain, Lili Bulle.

LB : A demain, dans le meilleur des cas !

Alors, à dans la semaine, Lili Bulle.

LB : Ciao. Ne bullez pas trop !

Procrastination : mal du 21ème siècle ? Trop de confort tue l’effort !

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Bonjour Lili Bulle. De quoi allez-vous nous parler aujourd’hui ?

LB : Je vais vous parler de la procrastination comme mal du 21ème siècle.

Mal du 21ème siècle… Que de grandiloquence ! 

LB : Détrompez-vous ! La procrastination est très courante, elle touche de plus en plus d’individus de tout sexe et de tout horizon. Elle est désormais si répandue qu’il convient de s’interroger aussi sur d’éventuelles causes collectives, liées par exemple à notre mode de vie.

Ah bon … Nous sommes donc nombreux à rencontrer ce type de difficultés.

LB : Oui, bien sûr. Jusqu’à maintenant, nous nous sommes intéressés aux causes individuelles et personnelles de la procrastination, mais en réfléchissant ainsi, il nous est impossible d’expliquer l’augmentation du nombre de personnes rapportant des problèmes pour passer à l’action. En nous intéressant de plus près à l’environnement dans lequel nous vivons aujourd’hui, d’autres causes émergent.

Ce n’est donc pas entièrement de notre faute !

LB : Quand je veux expliquer l’influence des récents changements intervenus dans notre mode de vie, j’aime revenir à l’âge de pierre.

À la Préhistoire ? Vous voulez dire que les hommes des cavernes procrastinaient ?

LB : Non… ou du moins, nous n’avons découvert à ce jour aucun élément pouvant étayer cette thèse … Revenons à l’époque reculée où nous étions encore des chasseurs cueilleurs. Pensez-vous que beaucoup d’entre nous procrastinaient ?

Je me dis qu’il devait y en avoir quand même quelques uns … Des précurseurs… Les pionniers de la procrastination !

LB : Il y en avait peut-être mais ils n’ont pas laissé de traces nous permettant de prouver leur existence, sans doute parce qu’ils n’ont pas vécu assez longtemps. Pensez-vous qu’il soit possible de remettre au lendemain la chasse ou la cueillette du jour ? De même, croyez-vous qu’il soit envisageable de remettre à plus tard la fuite devant une bête féroce ? À la préhistoire, si vous ne chassiez pas tous les jours, vous ne mangiez pas ! De même si vous n’entreteniez pas vos silex, vous preniez le risque de finir dans l’estomac d’un tigre aux dents de sabre, beaucoup mieux armé que vous. Ou encore, si vous ne preniez pas la peine d’aller chercher de l’eau, vous mourriez de soif. Vous n’aviez pas le choix, chacune de vos actions engageaient votre survie à très court terme !

Aucune possibilité de procrastination.

LB : Oui. L’avènement de la civilisation, ainsi que toutes les innovations technologiques qui en ont découlé ont toutes eu pour vocation plus ou moins immédiate d’augmenter d’abord la sécurité puis le confort des individus. Prenons un exemple tout simple : l’invention du frigo. Avant le frigidaire, nous étions contraint de faire les courses tous les jours, et après, nous pouvions nous contenter d’une fois par semaine sans prendre le risque de nous intoxiquer. Avant l’invention du chauffage central, il nous fallait couper du bois tous les jours sinon nous étions susceptibles de mourir d’hypothermie dans la nuit.

Un autre exemple : le téléphone. Avant son invention, il nous fallait écrire une lettre de plusieurs pages – nous ne pouvions décemment pas nous contenter d’un « T ou ? Tu fé qoi ? » – et ensuite l’amener à la poste dans les temps; et nous devions parfois attendre plusieurs semaines pour recevoir une réponse de notre correspondant qui lui non plus ne pouvait se contenter d’un « a la mez – fou rien ». Ou il nous fallait prévoir un long, couteux et dangereux voyage : faire nos valises, prévenir tous nos voisins, rédiger notre testament devant notaire, faire venir notre cousin pour qu’il nous remplace dans la gestion des affaires quotidiennes de la ferme… Autant dire que pour un voyage d’une semaine, nous devions nous y prendre un an à l’avance !

Nous ne sommes plus confrontés à des risques immédiats, c’est pour cette raison que nous remettons à plus tard. C’est ce que vous voulez nous faire comprendre, Lili Bulle ?

LB : Avant les supermarchés, il nous fallait nous déplacer chez le boucher, le maraicher, le crémier, le charcutier, l’apothicaire, le cordonnier …

Avant l’invention de l’ordinateur et des systèmes d’informations, nous étions contraints jusque dans nos loisirs. Imaginez-vous que dans les années 70, il n’y avait que deux chaines de télé. Pas d’internet. Et certainement pas de Replay, pas de VOD, et pas de Youtube. Si vous n’étiez pas devant la télé, à l’heure due, vous ratiez votre programme préféré. Sans compter qu’aujourd’hui, vous pouvez faire vos courses sans sortir de chez vous, de jours comme de nuit, 7 jours sur 7.

Effectivement, je n’y avais pas pensé.

LB : Pendant très très très longtemps, c’était à l’homme de s’adapter à un environnement qui lui imposait de nombreuses contraintes. Le monde imposait son rythme aux hommes. Tous les progrès récents ont eu pour objectif d’adapter l’environnement à l’homme. Désormais, tout vous obéit au doigt et à l’œil, quand vous voulez, comme vous voulez. Plus la peine de vous adapter, de faire le moindre effort, d’être à l’heure. PLUS LA PEINE !

Vous êtes  en train de nous dire que nous procrastinons parce que nous pouvons nous le permettre.

LB : Oui. Il est plus facile de remettre au lendemain quand vous ne risquez rien de grave. Depuis que la peine de mort pour non paiement de la dîme seigneuriale n’existe plus, vous pouvez même vous permettre de payer vos impôts en retard, bien sûr un tel retard vous coûtera plus cher, mais cela ne vous coûtera pas la vie ! Vous pourrez ensuite prétendre souffrir de phobie administrative, et tout le monde vous plaindra ! La société en général s’est beaucoup assouplie ces 50 dernières années, et beaucoup de nos obligations sont devenues plus diffuses, comme nos responsabilités d’ailleurs. Dans un monde où vous ne risquez pas grand chose à ne pas faire, vous êtes enclin et c’est tout à fait normal, à ne pas faire. Il vous faut prendre conscience que nous sommes beaucoup plus libres aujourd’hui que nous l’étions hier. 

La procrastination serait donc une conséquence de la liberté ? N’est-ce pas un peu exagéré ? Tout le monde ne procrastine pas !

LB : Il n’existe que deux façons de se structurer, soit c’est l’environnement qui vous contraint, soit c’est à vous de vous discipliner. Dans l’hypothèse où vos contraintes seraient de moins en moins grandes, vous devrez donc fournir plus d’effort pour vous discipliner. Qu’est-ce qui vous oblige aujourd’hui à aller faire les courses tous les jours ? Rien. La liberté est ce qui exige la plus grande discipline. Si rien ne vous oblige à accomplir des taches désagréables, il vous faudra déployer beaucoup de volonté pour les mener à bien. Et si vous manquez de raisons de faire tout de suite, vous serez tenté de remettre à plus tard, c’est à dire au moment où vous n’aurez plus le choix. Ce type de processus peut à terme également altérer votre capacité à prendre des décisions que vous repousserez elles-aussi.

Nous devenons donc tous complètement irresponsables !

LB : Je n’ai pas dit ça. Disons plutôt que la sphère de nos responsabilités s’est beaucoup réduite, nous laissant une telle marge de manœuvre que nous ne sommes parfois et dans certaines situations plus capables d’agir ou de décider. Il y a 10 000 ans, vous retrouvez face à une bête féroce était une situation ordinaire. De nos jours, les progrès ont été si rapides que ce qui était habituel, il y a 25 ans, est devenu très exceptionnel, nous laissant parfois complètement démuni. Et il est normal de se sentir démuni dans des situations extra-ordinaires.

Pourquoi croyez-vous que les émissions de coaching sont si populaires ? Certainement pas parce que nous ne savons pas faire ou plus faire, mais parce qu’il nous est désormais difficile de nous plier à une certaine discipline. Bénéficier d’une structure, qu’elle soit externe ou interne, qui organise notre quotidien est impérative à notre bon fonctionnement. Si vous mangez ou dormez n’importe quand, très vite, vous allez commencer à vous désorganiser, va s’en suivre une fatigue importante, non pas par manque de sommeil, mais par manque de structure, et bientôt, vous aurez du mal à régir toutes vos activités. C’est flagrant chez les enfants. Un manque de cadre peut aboutir à des troubles de l’attention ou, plus graves, des conduites. Chez l’adulte, les risques sont moins importants, mais une forte procrastination n’est parfois que le résultat d’un mode de vie trop désorganisé.

Que faire alors ?

LB : Commencer par structurer un peu plus vos journées et nous verrons ensuite. Bon, je dois vous laisser, je vais couper du bois.

Vous n’avez pas le chauffage central !

LB : Bien sûr que si, mais je me suis fait installer un petit poêle d’appoint en cas de grand froid et j’aime à couper du bois dans mon jardin les jours de beau temps.

Lâchez cette hache, Lili Bulle, vous allez vous blesser !

LB : Vous avez raison, je subodore que le maniement de la hache réclame quelques formations. Sur ce, je vous dis à demain ou après-demain… puisque comme nous l’avons vu ensemble, rien ne nous oblige à nous voir tous les jours !

A dans la semaine, Lili Bulle.

LB : Ciao. Ne bullez pas trop !

Vidéo – Le coach Lili Bulle et son ami le zombie nous expliquent les conséquences d’une mauvaise image de soi

Regardez ce témoignage édifiant sur l’impact d’une mauvaise image de soi !

Si vous deviez choisir une image pour vous représenter, quelle serait-elle ?

(NB : Attention, l’image que vous choisissez, même si elle ne vous définit pas, peut avoir une  influence NÉGATIVE sur votre confiance en vous … Si tel est le cas, suivez ce blog. Il vous aidera à en changer !) 

Ciao. Ne bullez pas trop !

Mauvaise estime personnelle et Procrastination : Qui de l’oeuf ou de la poule ?

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Bonjour Lili Bulle. De quoi allez-vous nous parler aujourd’hui ?

LB : Je vais vous parler du lien entre procrastination et mauvaise estime personnelle.

Ah oui, ce lien est souvent évoqué. Que pouvez-vous nous en dire ?

LB : Quand on me demande d’expliquer le lien entre procrastination et mauvaise estime personnelle, j’aime mentionner le paradoxe de l’œuf et de la poule. Qu’est-ce qui est apparu en premier : l’œuf ou la poule ? La mauvaise estime personnelle ou la procrastination ?

Décidément, vous aimez les métaphores animalières, Lili Bulle. Laissez-moi réfléchir, je dirais que c’est la mauvaise estime personnelle. C’est elle, la cause de la procrastination.

LB : Vous procrastinez parce que vous avez une mauvaise estime personnelle, mais à cause de votre procrastination, votre estime personnelle s’en trouve amoindrie, donc vous procrastinez encore plus. C’est ce que vous pensez ?

Oui, ça me paraît juste.

LB : Cela peut effectivement être un début d’explication. Souvent, la mauvaise estime personnelle, également désignée par la notion de « Mauvaise image de soi » est la résultante d’un décalage entre vos aspirations et vos réalisations personnelles. La poule aspire à pondre un œuf de gros calibre mais elle ne réussit à produire qu’un œuf de calibre moyen. Elle est donc déçue par son œuf. Elle sera peut-être amenée à nourrir des craintes quant à sa qualité de poule pondeuse et ne se sentira plus à la hauteur. Elle pourrait par la suite ressentir une anxiété chaque matin au moment de la ponte et finir par retarder le plus possible l’expulsion de son œuf de peur qu’il ne soit très en-dessous de ses aspirations.

Oui, c’est limpide. Pauvre poule ! Que doit-elle faire ?

LB : Elle n’a que deux solutions, soit elle revoit ses aspirations à la baisse, soit elle se donne les moyens de produire des œufs plus gros.

C’est logique. Que lui conseillez-vous ?

LB : Nos aspirations personnelles sont notre moteur. En l’absence de problème, ce sont elles qui nous motivent, nous communiquent l’énergie pour nous réaliser, c’est-à-dire faire correspondre nos aspirations à nos réalisations. Par contre, si nous plaçons la barre trop haut et que nous manquons d’indulgence et de bienveillance envers nous-mêmes, nous finirons comme cette poule qui n’ose plus poser une patte dans son poulailler.

Il faut donc revoir nos aspirations à la baisse.

LB : Pas forcément, mais il nous faut au moins être réalistes, non pas en ce qui concerne nos aspirations ; nourrir des rêves, avoir des projets est capital pour l’estime de soi. Mais nous nous devons d’être réalistes à propos de la vie en général et de la condition humaine en particulier … Personne, je dis bien personne, n’accomplit des exploits tous les jours. Notre poule était peut-être fatiguée ou la nourriture que lui a donné le fermier n’était pas assez riche ou encore peut-être notre poule était-elle stressée. Le stress a beaucoup d’impact sur le calibre des œufs. Elle doit impérativement se détendre et comprendre qu’il nous arrive tous de ne pas produire la qualité que nous espérons. Un œuf de calibre moyen, n’est pas dit « moyen » pour rien. Cela signifie que beaucoup d’oeufs sont de même calibre ou de calibre inférieur. Moyen ne signifie pas médiocre ! Un œuf n’est médiocre que quand il est bien en dessous de la moyenne. Et même dans ce cas, pourquoi le qualifier de médiocre, pourquoi ne pas tout simplement le qualifier de petit. C’est un petit œuf et ça arrive à tout le monde !

Cette poule est trop perfectionniste. C’est ce que vous voulez nous faire comprendre ?

LB : Si cette poule est autant déçue par son œuf, c’est parce que c’est une excellente pondeuse. Elle est habituée à produire des œufs de très gros calibre, et du coup ses standards sont complètement déformés. Elle pense que son œuf est médiocre alors qu’il est moyen. Elle ferait bien de regarder autour d’elle. Ainsi, elle réaliserait que les autres poules produisent tous les jours des œufs de calibre moyen et ne s’en portent pas plus mal. Elle n’est pas réaliste dans le sens où elle n’a aucune idée de ce que vivent les autres poules et de ce qu’implique la condition de poule en général.

Qui peut le plus …

LB : ne tolère pas le moyen et le qualifie de médiocre. Etre tolérant et bienveillant envers les autres comme envers soi-même est à la fois le signe et la nécessaire condition d’une bonne image de soi.

Donc vous conseillez à cette poule de mieux regarder autour d’elle ?

LB : Oui. La culture de l’excellence n’est pas mauvaise, au contraire, mais elle doit bien être comprise. En cette période de crise, je rencontre souvent des commerciaux en difficulté, qui voyant leur chiffre d’affaire stagner, perdent peu à peu confiance en eux. Je m’emploie à leur expliquer qu’en période de crise, réaliser en 2014 le même chiffre d’affaire qu’en 2007 est un exploit.

Euh … oui, c’est évident !

LB : Somme toute, même l’évidence est relative. Tout est question de perception. Quand vous avez été habitué à voir votre chiffre d’affaire progresser chaque année, au bout de cinq ans de stagnation, vous êtes tenté de vous remettre en question. Comme je dis souvent les aléas ont beaucoup d’impact sur l’excellence, alors qu’ils n’en ont quasiment pas sur la médiocrité.

Vous exagérez !

Non ! Bon, je dois vous laisser, j’ai un chiffre d’affaire à faire progresser.

Je vous dis donc à la semaine prochaine. Lundi ?

LB : Plutôt mardi, si ça ne vous dérange pas. Je vais passer mon lundi à prospecter !

Je vous dis donc à Mardi, Lili Bulle.

LB : À mardi. Ciao, ne bullez pas trop !