STOP À LA PROCRASTINATION ANXIEUSE : Mangez du lion !

lion

Bonjour Lili Bulle. De quoi allez-vous nous parler aujourd’hui ?

LB : Comme je n’avais pas d’idées d’article, j’ai consulté mes lecteurs via sondage et c’est la procrastination anxieuse qui en est sortie victorieuse.

Bravo ! Je suis entièrement d’accord avec eux.

LB : Avant de parler de procrastination, j’aimerais faire un petit topo à propos de l’anxiété. Qu’est-ce que l’anxiété et qu’est-ce qui la différencie de la peur ? La peur est facile à définir, c’est une émotion forte, en réponse à un danger immédiat, qui induit une réaction de fuite ou d’attaque. L’anxiété, quant à elle, est une émotion plus sourde, au long court. À la différence de la peur, la cause de l’anxiété n’est pas immédiate. L’anxiété concerne un danger diffus ou futur. Comme elle concerne un danger qui n’est pas encore présent, l’anxiété ne permet pas de réagir, la personne est donc prisonnière de son anxiété qui la maintient sur le qui vive. Si la source de l’anxiété se transforme en danger imminent, la peur prendra le relai et permettra alors à la personne de passer à l’action. Vous comprenez ?

Pas vraiment. Et je ne vois pas comment vient s’imbriquer la procrastination dans cette histoire ?

LB : Si je vous dis que dans les situations vraiment dangereuses, les anxieux s’en sortent mieux, vous en pensez quoi ?

J’en pense qu’encore une fois vous vous moquez de moi, Lili Bulle.

LB : Imaginez que vous vous promenez dans la jungle. Vous y êtes ?

Oui.

LB : Vous vous sentez comment ?

Très mal.

LB : Imaginez maintenant que vous entendez un très léger bruit : comme un grognement. Que faites-vous ?

Je suis terrorisé. Je me cache.

LB : Oui, bien sûr. Et comme vous êtes sur le qui-vive, vous percevez le moindre frissonnement de feuillage. Aux plus petits bruits suspects, vous sursautez et courrez vous cacher.  Plus tard, quand le danger s’est éloigné, vous sortez discrètement de votre cachette et partez sur la pointe des pieds. Vous avez contourné le danger. Par contre, si vous n’avez pas perçu le danger, vous vous retrouvez nez à nez avec le lion, la peur s’empare de vous et vous prenez la fuite à toutes jambes. Malheureusement le grand félin court beaucoup plus vite que vous et vous conviendrez qu’il y a de fortes chances que vous finissiez dans son estomac.

Oui.

LB : La peur est mauvaise conseillère. L’anxiété par contre …

Que voulez-vous dire ?

LB : Je veux dire qu’à l’époque où nous étions confrontés à de vrais dangers, l’anxiété était un atout. Elle permettait d’anticiper et de contourner les dangers. De nos jours, les dangers immédiats n’existent pratiquement plus et les anxieux se retrouvent à anticiper de petits obstacles qui ne méritent pas leur attention. Petits obstacles qu’ils leur arrivent de contourner, faute de mieux !

La procrastination anxieuse consiste donc à contourner de petits obstacles, faute de mieux. C’est ce que vous voulez dire ?

LB : Parfaitement. Imaginons que vous êtes anxieux à l’idée de rédiger un article de blog, vous pouvez être tenté de repousser l’échéance, c’est-à-dire d’en remettre la rédaction au lendemain. Vous contournez un lionceau qui ne vous aurait de toute façon pas fait grand mal.

Même un lionceau peut se révéler dangereux.

LB : Si vous étiez poursuivi par un lion, faire un détour pour le prendre à revers serait une bonne option, mais prendre à revers un article de blog, n’est-ce pas un peu disproportionné ?

Effectivement. Sans compter que j’ai du mal à imaginer comment prendre un article de blog à revers. Mais alors comment faire ?

LB : Faites-vous peur !

Comment ça ?

LB : Tant que vous n’affronterez pas, vous resterez sur le qui-vive, à échafauder des scénarios, des stratégies, prisonnier de l’anxiété. Si vous affrontez, la peur va vous gagner, ce sera pire pendant quelques minutes, mais la peur se calmera dès que vous passerez à l’action. L’anxiété est une peur par anticipation, elle peut s’installer sur une longue période. Seule l’action vous en délivrera.

Ah…

LB : Pourquoi « Ah…? » Imaginez que vous deviez annoncer à votre chef que vous avez dépassé le budget qui vous a été alloué. Pensez-vous pouvoir contourner le lion pendant des semaines ? Votre tendance à remettre l’annonce au lendemain finira par éveiller ses soupçons et un matin, il viendra rugir dans votre bureau et vous aurez bien du mal à prendre la fuite.

Mmmmmhhhh….

LB : Alors que si vous l’arrêtez dans le couloir un matin très tôt, alors qu’il n’a pas encore bu son café, il y a de fortes chances qu’il n’ait même pas l’idée de rugir. Vous lui tombez dessus comme ça sans prévenir : Paf – et c’est lui qui prend la fuite !

Oh vous exagérez !

LB : Un peu. Mais pas tant que ça. Dès que vous sentez poindre l’anxiété, prenez le lion par la crinière …

On dit : « prendre le taureau par les cornes ».

LB : Prenez le lion par la crinière et rugissez-lui dessus ! Prenez rendez-vous avec le lion et dites-lui par exemple que vous avez dépassé le budget mais qu’il vous faut encore une rallonge de 50 000 euros sinon vous plantez le projet. Je vous assure que votre dépassement de 1500 euros passera comme une lettre à la poste. Alors que si vous attendez d’avoir planté le projet pour lui en parler, vous conviendrez qu’il est normal qu’il vous dévore tout cru !

Oui. Forcément présenté comme ça.

LB : Ne faites qu’une bouchée de votre anxiété ! Mangez le lion !

Ça me paraît quand même plus facile à dire qu’à faire.

LB : Commencez par attaquer un lionceau. Imaginons que vous devez annoncer à un collègue que vous n’aurez pas fini votre rapport dans les temps. Vous vous figurez la situation ?

Oui. Assez bien.

LB : Ne lui laissez pas le temps de vous soupçonner. Tombez lui dessus avant la fin du délai, quand il ne s’y attend pas, si possible avant la pause repas ou quand il s’apprête à faire une pause biologique…

Vous êtes vraiment un monstre !

LB : Pas du tout. Dites-vous que vous êtes le roi de la Jungle : c’est vous qui décidez où et quand rugir. À partir d’aujourd’hui, vous ne contournez plus aucun lionceau !

J’essaierai demain si tout se passe bien.

LB : Un lion n’essaye pas. Il rugit. Bon, je dois vous laisser, je vais rugir après un chaton qui attend que je lui envoie un projet de brochure sur la procrastination.

Vous avez parfois des métaphores un peu violente, Lili Bulle.

LB : Peut-être. Mais elles fonctionnent. Je vous dis donc à demain. Ciao. Ne bullez pas trop !

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