Mois : novembre 2015

Vache qui rit ne rumine pas…

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Bonjour Lili bulle, vous avez passé de bonnes vacances ? 

LB : Je n’ai absolument rien fait. J’ai végété tranquillement devant « Walking dead », histoire de me vider la tête.

Je suis content d’apprendre que vous vous êtes reposé. De quoi allez-vous nous parler aujourd’hui ? 

LB : Je vais vous parler de la rumination mentale.

La rumination mentale ? Qu’est-ce donc ?

LB : Vous est-il déjà arrivé de ruminer la même idée pendant des heures, voire des jours entiers ?

Ça m’est arrivé effectivement… 

LB : Avez-vous noté que plus vous ruminez une idée, plus elle devient aigre ? Prenons un exemple. Vous vous êtes levé du mauvais pied ce matin et en conséquence tout vous paraît compliqué. La simple idée d’avoir à affronter une réunion de service vous met dans l’angoisse. Vous commencez à échafauder des scénarios catastrophes, vous vous faites des films, vous dramatisez. Vous commencez par envisager le pire au sujet de votre réunion de service, puis la contagion se propage au rendez-vous qui suit, puis à celui d’après. De mauvais souvenirs concernant vos rendez-vous clients vous assaillent. Vous vous retrouvez pris dans une tornade d’idées anxiogènes, des idées qui tournent à toute allure dans votre esprit. Pris dans la force centrifuge, vous ne parvenez plus à vous raisonner. Vous ruminez… Vous ruminez… Vous régurgitez une pâte toujours plus gluante et acide, mais vous vous obstinez à la mâcher.

Vous m’écoeurez !

LB : Si cette pâte est si dégoutante, pourquoi ne pas la régurgiter une bonne fois pour toute ?

Vous me donnez envie de vomir. 

LB : Je conviens que vomir n’est pas agréable, mais ce serait pourtant la solution.

Comment vomit-on une idée ? 

LB : Tout simplement en vous posant la bonne question. Vous ruminez parce que vous avez peur, mais au lieu de vous intéresser à cette peur, vous l’intellectualisez, vous collez tout un tas d’idées noires sur une émotion négative dans l’espoir de lla museler. Bien évidemment au lieu de vous aider à dominer votre peur, ce processus l’entretient et vous vous retrouvez englué, incapable de penser à autre chose. Si au lieu de ruminer vos scénarios catastrophes, ces conséquences hypothétiques qui ne deviendront peut-être jamais réalité, vous vous intéressiez à la cause de votre peur, que se passerait-il ?

Je n’en ai aucune idée.

LB : Vous pourriez enfin passer à autre chose, aller gouter l’herbe qui pousse un peu plus loin. Vous ruminez des idées dans l’espoir d’avaler une émotion. Cela ne vous paraît-il pas stupide ?

Si vous le dites.

LB : Vous devez régurgiter cette émotion une bonne fois pour toute. Attention, je ne vous dis pas de la vomir aux yeux du monde, ce qui pourrait entrainer de futures ruminations afin d’avaler la honte qui s’en suivra, il vous faut le faire proprement. Quand vous ruminez, vous devez déjà prendre conscience que vous angoissez, et ne pas craindre d’identifier la cause de cette peur. Vous devez en tenir compte. Une peur n’est jamais complètement irrationnelle. Elle a toujours une cause, un sens. De quoi avez-vous peur ?

Mais je n’en sais fichtre rien !

LB : Reprenons notre exemple. La première idée qui vous est venue au réveil concerne votre réunions de service. Vous nourrissez donc des craintes en rapport avec le déroulement de cette réunion. Une fois que vous avez fait ce constat, cessez de ruminer et commencez à raisonner. Vous craignez que cette réunion se passe mal, au lieu d’imaginer comment elle pourrait mal se passer, réfléchissez plutôt au pourquoi. Je poursuis avec mon exemple. En réfléchissant un peu, vous vous rendez compte que votre collaboratrice Laurence vous a adressé un mail hier, vous annonçant qu’elle n’aurait pas le temps de remplir son reporting. Vous savez également que Catherine, elle, aura rempli consciencieusement son tableau, mais qu’elle va se plaindre comme à son habitude de la taille et de l’ordre des colonnes, que Julien aura lui aussi complété les informations le concernant, mais qu’il critiquera les résultats de l’équipe, pensant que c’est en critiquant qu’on avance et que bien sûr Laurent se rendra compte durant la réunion qu’il s’est trompé de tableau. En fait, vous avez peur car vous sentez poindre le psychodrame. Vos collaborateurs vont s’énerver, perdre un temps précieux sur un tableau censé rendre compte de leur activité passée. Et vous allez perdre patience.

Quelle bande d’abrutis ! 

LB : C’est bien, vous avez régurgitez votre émotion, il vous faut maintenant apprendre à la faire proprement. Au lieu d’angoisser, ce qui vous mènera directement au psychodrame, désamorcez la bombe. Soyez plus indulgent avec vos collègues et avec vous mêmes. Prenez conscience que ce reporting agace tout le monde,et que chacun à sa manière personnelle de vous le faire savoir. Faites savoir vous aussi ce que vous en pensez, en restant factuel. « Nous allons maintenant passer au reporting, une perte de temps pour nous, mais une nécessité pour la Direction. Je vous écoute. » Quand vous maîtriserez l’art du désamorçage, vous serez alors apte à plaisanter, en évitant toute fois le sarcasme qui ne ferait qu’envenimer la situation : « Nous allons maintenant passer au reporting, Courage ! Je vous écoute. »

Il suffit donc de prendre en compte l’émotion pour se raisonner. 

LB : Oui, il faut la nommer, puis convertir une émotion négative en émotion positive. Vous angoissez. Pourquoi ? Et une fois que vous avez identifié la cause de cette peur, plaisantez-en. L’humour et le rire sont des armes efficaces contre la peur. Vache qui rit ne rumine pas.

Au fait, quel est le rapport avec la procrastination ?

LB : La rumination mentale est une des causes de la procrastination anxieuse. Bon, je vous laisse, je dois lancer un nouveau blog traitant de l’intelligence émotionnelle. Maintenant que j’y pense, j’aurai peut-être dû l’intituler « Vache qui rit » Trop tard, je l’ai déjà mis en ligne !

Je vous dis donc à bientôt, Lili Bulle. 

LB : Ciao, ne bullez pas trop !